La longue période de beau temps du confinement ne s’est malheureusement pas prolongée en juin. Ce dimanche 14 les prévisions ne sont pas des plus optimistes mais néanmoins, les commissaires de l’Alpes Club n’ayant pas pour habitude de se laisser dicter leurs décisions par de vulgaires contingences météorologiques, c’est donc confiants en nos chances que nous arrivons au hameau de Longueville près St Baudille et Pipet.

Le sentier du refuge de Rochassac commence par un gué à franchir de rocher en rocher, mais fortuitement gonflé par les eaux de fonte. Contrairement à mes prévisions entretenues par le souvenir d’expériences semblables, personne ne trempe le bas de son pantalon ni ne s’affale gracieusement dans le fil du ruisseau. La ballade commence donc sous les meilleurs auspices.

Un bon sentier, ombragé et molletonné de feuilles et de gadoue, grimpe flegmatiquement le long de la croupe de Romeyer jusqu’à déboucher sur les alpages de Rochassac. Quelques lacets avant le refuge, une trace discrète à demi envahie par les herbes nous indique (Grâce soit rendue au GPS, cette remarquable invention) la direction supposée des Lames de l’Arçon. Je dis supposée car sur la carte IGN aussi bien que sur celle d’Open Streetmap ce chemin est indiqué sans issue et le nom des Lames ne figure nulle part.

Mais le risque est mesuré le repli étant toujours possible, et le sentier nous fait découvrir au fil de la marche quelques splendides points de vue, du moins quand le brouillard consent à se lever. Le cul-de-sac annoncé sur la carte se prolonge heureusement par une raide sente qui zigzague plus ou moins à cheval sur les fameuses lames (le gage était de placer le mot cheval). Nous rejoignons ainsi l’arête dite de Fluchaire. Au-dessus de nous le sommet du Bonnet de l’Evêque et, ainsi soit-il, devant nous le sentier de la Baronne qui, je le confesse aisément arrive de Tréminis.

Nous sommes à 2000m et une luminosité légèrement plus intense à travers la couche des nuages, nous incite à la pause casse-croute au cœur des champs de Trolles (Trollius europaeus) et autres gentianes (Gentiane Alpina). Les contraintes sanitaires ne résistent pas longtemps aux diverses gâteries proposées par mes compagnes, gâteaux, chocolats, gaufrettes, café à la vanille, thés thibétains, and-so-on.

Il est bientôt temps de repartir. Le sentier de la Baronne nous ramène sur Rochassac à travers un dédale de casses criblés de roches bicolores comme des bonbons réglisse, de ravins saccagés par les orages, de pentes de terre rincées par les déluges successifs. Dans les pentes du cirque de Casse Varnage des groupes de chamois dévalent les éboulis jusqu’à ce que les marmottes qui surveillent tout le monde sifflent la fin de partie. Nous atteignons enfin les prairies de Rochassac et les 2 cabanes minuscules qui font office de refuge. Le retour aux voitures se fait par le chemin de montée; une petite incompréhension nous fait perdre la moitié de la troupe pendant quelque temps mais à 16h nous sommes tous sur la route du Col de la Croix Haute recherchant pour le pot de l’amitié un troquet ouvert que nous ne trouverons pas.

Tant pis, ce fut tout de même une belle journée d’amitié dans un décor magnifique avec de bien gentilles partenaires :

Agnès, Babette, Danièle, Marie-Laure, Marie-Pierre, Martine, et

JPP

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