Formidable, Fantastique, Impressionnant, Epoustouflant, Colossal, Merveilleux.  Tous ces adjectifs grandiloquents et éculés sont encore de mise pour qualifier cette belle aventure qu’est la montée au refuge de l’Aigle.

Formidable, c’est l’itinéraire de montée que nous  voyons de face en passant le col du Galibier.

Partant du Pont des Brebis sous le village du Pied du Col, bien tracé au début, le sentier s’élève abruptement et rapidement,  se frayant un passage sous l’ombrage des sapins, frôlant une source,  franchissant des pierriers encore fleuris pour gagner au bout d’une heure et demie et 550 m de dénivelé les prairies de la « Passe du Midi ». Plus loin il traverse quelques rochers posés là comme des jalons et gagne le lieu dit de « l’Ane » ou quelques bivouacs délaissés nous confirme par leur présence que la route sera longue. Julia et Eddie caracolent en tête, les trois  «anciens » suivant laborieusement,  pendant que Thomas et Adrien  ferme la marche. Notre pause repas est prise vers midi à la moitié du parcours.

Fantastique quand, passé ces derniers lieux hospitaliers, c’est le monde sauvage du minéral qui commence avec ces pierriers immenses, ce cheminement qui se perd puis se retrouve au hasard des cairns écroulés, ses barres rocheuses successives que nous choisissons de franchir encordés, ces névés maculés de noir qui bordent notre passage et se perdent dans les hauteurs sous le Bec de l’Homme. Ce chemin qui nous conduit insensiblement vers le pic du «  Doigt de Dieu » avec ces  blocs roulant  sous nos pas lourds,  sera-t- il le chemin du paradis ou de l’enfer ? Danièle à déjà donné quelques signes de fatigue, (ou de stress) mais elle est réconfortée par Thomas et Adrien, anges gardiens qui la soulagent d’une partie de son sac.

Impressionnant, quand nous prenons pied au col du Bec à 3066 m et que nous envisageons la suite de l’itinéraire, une arête certes peu difficile mais vertigineuse et surplombant d’une centaine de mètres le glacier du Tabuchet. Puis c’est la fameuse et aérienne Vire Amieux qui donne accès aux champs de crevasses du glacier. Elle est heureusement agrémentée de câbles qui consolident la confiance des anxieux.

Epoustouflant enfin, quand nous découvrons toute la chaine de la Meije illuminée par le soleil : le Grand Pic, la Brèche Zsigmondy, le Doigt de Dieu, le Pic Oriental, comme haussés dans le ciel par les colossaux glaciers de l’Homme et du Tabuchet. De petits points noirs sur la neige nous indiquent des alpinistes terminant la traversée des arêtes depuis le Promontoire.

Le refuge de l’Aigle est là, posé au pied de ces géants, en équilibre sur un piton rocheux, dominant le Glacier de l’Homme. Il est 16h et nous avons mis 7h pour franchir ces 1800m de dénivelée. L’équipe est fatiguée mais radieuse : nous l’avons fait !

La suite  ne sera que du bonus. Refuge magnifique, semblable à l’intérieur à une cathédrale de bois. Gardiens cordiaux et prévenants. Le lendemain Thomas, Eddie et Adrien monteront à la Meije Orientale et assisteront au lever du soleil au sommet, pendant que le commissaire et ses ouailles (Julia, Daniel et Danièle) navigueront sur le glacier, louvoyant autour des crevasses en attendant les trois valeureux alpinistes.

Puis ce sera la descente longue, longue, longue avant le pot au col du Lautaret ! Un grand merci à toute l’équipe. Danièle a su surmonter son stress, Daniel n’a pas bougonné, Eddie et Julia ont joué les amoureux et Thomas et Adrien, grands seigneurs, ont pris soin de tout le monde.

Pour Daniel, Danièle, Thomas, Adrien, Eddie, Julia et JPP, cela restera un merveilleux souvenir.

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