Samedi 23 mars

Départ à 7h30 de Grenoble .Nous avons choisi de faire route par l’Italie : Turin, Vérone, Trente, Bolzano, enfin, Lienz en Autriche ou nous récupérons Sylvain arrivé en train de Vienne .10h de route et 900 km pour rejoindre Pragraten où nous logeons à la pension « Shone welt », dans une ambiance très « cosy ».

Dimanche 24

Le petit déjeuner à l’Autrichienne propose une multitude de mets : confiture , beurre , miel ,yaourt, fromage , charcuterie , œufs, céréales , plusieurs sortes de pain, fruits, jus de fruits , café, thé ,lait , crème , chocolat, et j’en oublie surement.

Il nous faut bien tout cela pour nous donner du courage car ce matin il neige et la montée s’annonce humide. Départ à 8h30 de Stroden par un chemin dégagé jusqu’aux dernières maisons, puis dans une forêt raide à flanc de montagne, entrecoupée d’énormes avalanches en neige gelée .Le cheminement est compliqué et nous n’arrivons au refuge qu’à 12h30 dans un brouillard opaque. La Essener Rostocker Hutte 2208m est spacieuse, coupée en 2 parties : l’ancienne (Rostocker), glaciale, et la nouvelle( Essener), chaleureuse. Nous squattons le bar ou les demis de bière font vraiment ½ litre.

Lundi 25

Il neige toujours, nous partons tranquilles et sans illusion vers 9h, mais progressivement, les nuages s’élèvent, quelques timides rayons de soleil se frayent un passage et nous permettent de monter jusqu’à 40m du sommet du Simonyspitz 3488m. La neige est bonne ,40cm de poudreuse, et il faut freiner certaines ardeurs, en rappelant qu’on est sur un glacier crevassé et pas sur une piste de ski.

À mi- chemin du refuge, Katastrof ! Sylvain équipé de matériel soi disant dernière génération ( ?!), casse un ski. Retour au refuge exténuant pour lui, en multipliant les traversées hasardeuses et les conversions dans un brouillard intense.

Au terme de plusieurs hypothèses, le gardien donne la solution au problème de Sylvain. Il descendra avec lui par la benne qui sert à approvisionner le refuge, pour lui permettre de louer des skis dans la vallée. Tout le monde est ainsi soulagé.

Mardi 26

Debout à 5h sauf Sylvain qui fait la grasse matinée, le veinard. A 7h nous remontons déjà les pentes qui mènent au Reggentorl. Le temps est mitigé mais comme hier nous bénéficions d’une éclaircie de 10h à 11h 30, juste le temps d’atteindre le col à 3100 m. Les 300 premiers mètres de la descente sont prodigieux dans une neige poudreuse légère à souhait. C’est si bon que nous remontons jusqu’au col pour refaire la pente.

Plus bas nous nous séparons en 2 groupes : les jeunes ou supposés tels (n’est ce pas Jean ?) qui descendront le couloir principal assez raide et les séniors (ou supposés tels) c’est à dire Nane, Martine, Yann et moi , qui reprenons l’itinéraire de montée. Toute la troupe se retrouve au bas du couloir dans la purée de pois habituelle. Au refuge nous retrouvons Sylvain revenu des tréfonds de la vallée, et arborant fièrement une paire de ski de location, un peu courte certes, et qui dans ses mains semble une paire de patinettes.

Mercredi 27

Grande étape de traversée. Les sacs sont complets et lourds, nous avons judicieusement fait le plein de sandwichs au buffet du matin (c’est compris dans le prix), direction le Maurertorl : 3110m.

Le début du vallon est plat et interminable, le brouillard montant de la vallée menace, mais le ciel devant nous reste clair. Maxime dans une forme éblouissante nous trace un parcours idéal de progressivité, s’attirant les félicitations émues de Nane, et nous arrivons au col sans même y penser, alors que le soleil illumine les sommets alentours .Nous avions envisagé de monter au GrosserGeiger 3360m , en passant, mais c’est un détour de 400 m de dénivelé, et malgré les pentes attirantes nous renonçons par prudence car nous ne connaissons pas les difficultés du versant à descendre.

Le passage du col est un peu acrobatique mais donne accès à un large glacier débonnaire en poudreuse. De godilles en virages, de chutes en pauses photos, nous arrivons ainsi à la cassure du glacier d’où l’on aperçoit sur le versant opposé et …… très loin, le refuge à atteindre. Le passage n’est pas évident, défendu par des pentes raides et engagées. Quelques manifestations de mauvaise volonté s’exprime alors parmi l’élément féminin mais l’obstacle à force d’obstination est bientôt descendu et il ne nous reste plus, sous un soleil de plomb, qu’à gravir les 250 m de dénivelé qui nous sépare de Kursinger Hutte.

Le refuge à 2547 m est immense et propre (100 places) mais la nourriture est moins variée et surtout les douches ne sont pas en service.

Jeudi 28

Changement de programme ! Deux traversées engagées à la suite, cela fait trop, même pour les montagnards entrainés que nous sommes. L’objectif de la journée est donc de faire le GrossVenediger avec des sacs légers et demain de traverser sur le refuge Johannis par un itinéraire plus direct.

Départ à 7h 15 par un temps résolument beau. La descente du refuge pour rejoindre le glacier est gelée et pose quelques problèmes, surtout quand on pense qu’il faudra la remonter tout à l’heure. Le glacier Obersulzbach kees est plat et large et la montée se passe tranquillement jusque sous le col Venedigersharte 3412m. Les paysages sont magnifiques, le soleil luit , les séracs scintillent, mais un méchant vent glacial s’est levé. Nane est fatiguée, Martine décide de lui tenir compagnie, et donc le groupe se scinde. Comme il n’est pas question d’attendre dans le froid je descends avec elles, les autres poursuivent pour les 300 derniers mètres jusqu’au sommet du Grossvenediger 3660 m deuxième sommet des Hohe Tauern.

La neige excellente au début se transforme progressivement en croûte immonde et peu skiable. De retour au refuge, nous attendons tranquillement , au chaud ,devant une chope de bière que le reste du groupe nous rejoigne.

Vers 17h, le ciel se couvre et le vent violent se mue en tempête de neige. La fenêtre du refuge laisse passer des souffles glaciaux, l’optimisme pour demain est mesuré, nous envisageons toutes les options possibles, mais la nuit portant conseil nous nous couchons confiants.

Vendredi 29

Le jour s’est levé comme d’habitude, le vent est tombé, il ne fait pas froid, les nuages bas s’élèvent de temps à autre, nous laissant apercevoir par intermittence notre but, le col Obersulzbachtorl 3150m. Le départ est donc confirmé. Une petite errance sur un glacier invisible nous conduit malgré tout sur la vire qui donne accès aux vallons suspendus précédant le col. Le passage clé est un couloir de neige de 300m dont nous remontons les 50 derniers mètres à 45 °et dont le bas se perd dans une brume sombre et inquiétante. Nous sortons donc les cordes et les crampons. La neige est stable, ce qui est rassurant car après un court passage en neige soufflée et dure, on enfonce de 50 cm dans la profonde. Le soleil apparait enfin alors que nous prenons pied au sommet du couloir.

Le reste de la montée se passe sans histoire nonobstant un court passage scabreux en ski au travers des rochers qui, bien négocié, nous livre le col, très esthétique. Les nuages se sont à nouveau ligués pour nous pourrir le casse croûte, et c’est sous un ciel couvert à la limite de la visibilité que nous rejoignons par un vallon peu pentu la Johannis Hutte 2121m dernier refuge de notre parcours .Dernière soirée détendue, arrosée par les bières et le genépi de Simon avec les spécialités autrichiennes (généreuses) au repas.

Samedi 30

Sous un ciel couvert à la limite de la pluie , nous rejoignons la vallée, par un chemin enneigé . Traversant les incontournables avalanches, coupant les virages, poussant sur les bâtons, pataugeant dans la boue d’une improbable carrière de granit en activité, marchant pour finir sur la route goudronnée nous arrivons à Hinterbilch. Il ne reste qu’à prendre un taxi pour rejoindre les voitures à Stroden .

Grande semaine donc, avec un temps instable tout au long mais qui ne nous a pas empêchés de réaliser le programme. Les possibilités de randonnées dans le massif sont énormes, (on peut réaliser 4 ou 5 randonnées différentes à partir du même refuge). La mise en mémoire des points remarquables dans les GPS nous a bien aidé pour les itinéraires. Les refuges confortables, la nourriture roborative, ont contribué à l’ambiance très conviviale du groupe. Deux interprètes compétents (Sylvain et Simon) ont simplifié les rapports avec les autochtones dont la réputation (française) de xénophobie nous a paru usurpée .Un grand merci à Sylvain qui avait la charge de l’intendance et qui s’en est remarquablement acquitté.

Participants : Nane, Martine, Yann, Jean, Thomas, Maxime, Simon, Sylvain, et

JPP

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